Récit de la découverte du Trésor du Pont du Gard N°2
par Graoully et sa femme Skippy
Introduction
Tout d'abord, excusez la longueur de cette bafouille, mais la victoire rend prolixe.
Ce sont plus les circonstances qui ont fait que nous (Graoully et Skippy) trouvions le trésor du Pont du Gard N°2, car habitant Metz, celui-ci était plutôt pour Pandoras et Sion (sudistes tous les deux).
Pandoras m'avait même prédit que ce trésor serait pour nous (belle prémonition !!!).
Une première reconnaissance eut lieu à Pâques en présence d' Agathon, Pandoras, Sion et nous, mais nous n'avions pas assez d'indications pour trouver les deux points.
C'est en descendant le 1° juillet pour aller chercher les livrets des énigmes du Trésor du Bourreau à Satillieu (Ardèche) que nous avons trouvé le point B (le lendemain).
Le reste de l'énigme a été décrypté lors de nos vacances passées en Ardèche fin juillet, dans la maison familiale.
Afin de bien comprendre, il faut avoir la carte TOP 25 de Remoulins n° 2941 E (n'est-ce pas Gilbert Ebask, Fido Dido et les autres chasseurs qui ont participé à cette chasse ?).
Voici le récit complet de cette découverte :
Point B
Inutile de descendre admirer les Noces Blanches pour trouver
les flèches qui t'indiqueront la direction de la chaîne.
Dimanche 2 juillet, départ vers 8 h 00 pour le site du pont du Gard.
On savait que le point B se trouvait entre St Hilaire d'Ozillon et Estezargues (IS du 1° juillet), mais surtout on savait où chercher car Sion avait trouvé que l' IS du 1° juin (1702-1710) correspondait à la révolution des Camisards.
Donc, après repéré le lieu sur la TOP 25, on se dirige vers le "trou des Camisards".
La route pour y arriver est assez bonne pour un 4 X 4 KIA (par exemple), mais pas si mauvaise pour ma 306.
En arrivant dans un petit virage, je vois sur ma gauche des parois assez blanches. On se gare et après 20 mètres de marche dans la garrigue, on tombe sur ce qui ressemble à des parois d'escalade, mais cela nous paraît bien vide pour en être.
J'essaie de descendre, car je vois qu'en dessous il y a comme un sentier. Malheureusement, étant un piètre escaladeur je remonte et téléphone à Sion, qui me rappelle que l'énigme sur le point B dit : "Inutile de descendre admirer les Noces blanches ...". En même temps qu'il me dit cela, je vois des crochets plantés dans la paroi. BINGO !!!

Juste au-dessus, il y a des lignes à haute tension. Ce sont donc les flèches à suivre. Elles sont représentées sur la carte TOP 25 par des flèches et nous donnent donc la direction de la chaîne.
On a supposé à ce moment-là de la chasse qu'il fallait prolonger le trait vers le sud afin de se rapprocher du Pont du Gard. On s'aperçoit que cela tombe sur les fosses de Fournès. En y allant le matin même, on remarque que le site est superbe et que M. LOMBARDI, randonneur, peut très bien avoir enfoui la contremarque dans cette région, car il y a un GR qui en fait le tour (appelé circuit des fosses de Fournès) et aussi parce que le terrain est idéal (sablonneux).
Sans avoir réussi à trouver le point A, on repart sur Metz.
Point A
Du pont, la flèche vous donnera la direction de la chaîne.
Lundi 24 juillet.
J'avais eu une info concernant l'existence d'une arche naturelle entre Vers et Castillon. Or arche = pont et naturelle = faite par l'eau.
Selon l'IS "Des colonisateurs moins récents que les Romains" et la déclaration de M. Lombardi sur le forum de Netnimes selon laquelle il y avait un énorme jeu de mots dans cette IS, le rapprochement était vite fait entre "moins récents" et "plus vieux" (qui donne pluvieux). Je reviendrai à la fin sur les jeux de mots de M. Lombardi, car nous n'étions pas sur la même longueur d'onde.
Pour retrouver cette arche naturelle, il faut prendre la D 192 depuis Vers en direction de Castillon. A la sortie du village, prendre à droite un chemin qui monte raide. Faire 2 km environ, puis dans la descente au croisement de 3 sentiers, il faut prendre (à pied) le petit chemin qui part à droite. Faire 400 m environ, puis quand le chemin tourne franchement à gauche sous un arbre, il faut prendre à droite. Le sentier nous mène droit à cette arche majestueuse située sur la gauche à flanc de colline.

En bas et en-dessous de l'édifice, on essaie de trouver la flèche, qui doit être verticale et construite par l'homme (dixit les IS et le forum). Finalement, je décide de monter sur l'arche et là, au loin, au ras de la végétation, que vois-je dépasser ??? Le clocher de l'église de castillon du Gard. RE BINGO !!! La flèche est bien verticale et construite par l'homme.

Bien joué, M. Lombardi ! Cela m'aurait étonné qu'il ait mis sur cet édifice une flèche à la "bombe fluo", sur un site aussi vierge de toute présence humaine.
La chaîne
Du point A ( l'arche), on tire un trait passant par l'église de Castillon du Gard.
Ce trait croise la ligne haute tension partant du point B (le trou des camisards) près de la forêt de Rochefort.
En y arrivant, on tombe sur une stèle qui est un monument dédié à un commando de la guerre 39-45. Celui-ci représente une personne symbolisant la liberté, avec ce mot gravé sur la pierre. Une chaîne étant également dessinée sur ce monument, on avait donc trouvé le dernier élément de l'énigme. (Je pensais d'abord tomber sur une chaîne DFCI, car il y en a plein dans la région.) Sur ce monument est posé une plaque : "1944 - Rochefort du Gard, Maquis de la Résistance armée - Corps franc des Ardennes - Commando VIGAN - BRAQUET".

Le crypto
A la chaîne, compter jusqu'à 1500 ...
Un coup de téléphone à l'équipe pour annoncer la bonne nouvelle et aussi pour qu'ils essaient le décryptage, car nous l'avions tenté, mais sans succès.
Il fallait donc compter jusqu'à 1500.
On a cherché autour de la stèle, car en traçant un cercle de 1500 m sur la carte (à l'échelle, bien sûr !!!) à partir du monument, il fallait trouver sur place une indication pour savoir dans quelle direction partir.
Or, en traversant la route, je tombe sur un panneau "Memorial VIGAN - BRAQUET 1.5 km".

On reprend la voiture et on fonce sur le site final.
Sur place, on découvre un plan du site avec des croquis de l'organisation de la résistance dans ce secteur.

A côté, il y a un container noir ayant servi au ravitaillement pendant la guerre, avec cette phrase :
" Le maquis de l'organisation de résistance de l'armée a réuni dans ces bois de juin à septembre 1944 une centaine de combattants qui ont ensuite poursuivi jusqu'à la victoire au sein de la 1ère armée du Général de Lattre de Tassigny ... "

Le décryptage, par Skippy, tombe comme un couperet :
| 70 | 4 | 8 | 8 | 7 | 1 | 12 | 7 | 16 | 9 | 10 | 8 | 12 | 6 | 13 | 8 | 7 | 16 | 8 |
| P | A | S | S | I | L | O | I | N | D | E | S | O | U | R | S | I | N | S |
A la recherche des Oursins
Un coup d'oeil autour du container et on remarque qu'il y a plusieurs sortes de plantes avec des piquants. N'étant pas botaniste et ne connaissant pas leurs noms, je suppose qu'une d'entre elles s'appelle "oursin" dans la région.

Après une heure de terrassement, on se demande si les oursins ne sont pas autre chose que des plantes. On téléphone à l'équipe pour qu'ils essaient de nous aider à retrouver, soit la bonne plante, soit autre chose qui soit des oursins. Une heure plus tard, on se désespère de n'avoir rien trouvé malgré tous les éléments décryptés des énigmes.
Finalement, on téléphone à M. Lombardi pour lui demander si la contremarque n'a pas été découverte entre temps et il nous rassure en nous confirmant que la chasse continue. Cependant, il paraît surpris que l'on en soit arrivé à ce stade du jeu et nous demande de le lui démontrer.
Il nous confirme que tout est bon, mais que le cryptage final doit nous emmener ailleurs. Ailleurs ? Mais où ? Il n'y a plus rien dans les énigmes qui nous précise où et comment creuser ! Finalement, il nous dit de nous renseigner dans la région pour savoir où on l'on peut trouver des oursins. Oui, mais des oursins, cela peut être des bogues de chataigniers, des champignons, des plantes, ...
En téléphonant mardi 25 au matin à des contacts régionaux, on arrive à savoir que les oursins sont des fossiles et qu'il y a 2 ou 3 sites où l'on peut en trouver. Ce contact nous décrit précisément les endroits et nous passons le mardi après-midi à leur recherche.
Le premier se trouve sur la commune de St Hilaire d'Ozillan, tout près du château d'eau. En descendant à droite juste après la dernière maison, on arrive après une centaine de mètres à un site où il y a de grandes plaques de calcaire. En plein milieu, on remarque des "trous" dans la paroi qui correspondent en fait aux emplacements des oursins.
Après de vaines recherches, on part vers le 2° site, qui est situé entre la commune de Castillon du Gard et St Hilaire d'Ozillan. Pour y aller, il faut partir du croisement au-dessous du Mas de Raffin en prenant la D 192, faire 900 mètres et prendre un petit chemin qui monte sur la gauche. On se gare près des abricotiers et on monte en direction nord / nord-est.
Nous découvrons une plaque d'une vingtaine de mètres de long sur 3 de haut avec une multitude d'emplacements d'oursins. Pour nous, ce site est plus remarquable que le premier par les impacts d'oursins dans le calcaire, alors que l'autre est beaucoup plus étendu, mais avec des trous moins importants. Mais, n'ayant aucune indication quant à l'endroit exact où creuser, nous décidons d'attendre l'IS du 1° août.
Le troisième site nous a été décrit comme étant très petit et se trouve près du Pont du Gard.
L'apothéose
Samedi 29 juillet
Nous décidons d'aller faire un tour l'après-midi au festival d'Avignon (en prenant soin de prendre chaussures de marche, boussole, fichier, carte ... on ne sait jamais !!!) et en même temps nous irions dans un cybercafé prendre des nouvelles des divers forums et rapatrier les messages du groupe.
Au fait, félicitations à Gilbert Ebask pour Félix ! Tu en étais où dans la chasse du Pont du Gard N° 2 ?
Puis, en allant visiter le site de Netnimes, que vois-je ? L'IS prévue pour le 1° août est déjà en ligne :
"Depuis le toboggan naturel, observer du regard vers le sud." Ouahh !!! Au vu de nos reconnaissances, c'est bien le premier site visité qui correspond. On fonce vers St Hilaire et on reporte la visite du festival d'Avignon à une date ultérieure.

On savait aussi que le trésor était enterré à 3 cm sous terre et sous un caillou gros comme un ballon de football (dixit forum Netnimes).
Donc, en arrivant sur le site par le côté nord, on voit tout de suite les toboggans. Je dis "les", car en fait il y en a une dizaine qui peuvent correspondre à cette définition.
Il faut donc baliser notre zone, car le site est important et les indications pas assez précises. On place Julien (notre fils) au milieu du site à l'extrême-droite et Pauline (notre fille) à l'extrême-gauche.
Il est 16 h 45 environ quand on commence à quadriller la zone à la recherche du fameux caillou, Graoully dans la zone "Nord" et Skippy dans la zone "sud" du site.

La solution du décryptage (Pas si loin des oursins) devait nous inciter à rechercher près des emplacements d'oursins sur les parois du site.
Vers 17 h 30, Skippy me demande si elle est encore dans la bonne zone en direction du sud. Je lui répond par l'affirmative et lui demande d'aller voir le site tout au fond. Elle me répond qu'elle l'a déjà visité sans succès puis, une minute plus tard, elle s'écrit : "Je l'ai !!!".
Super ! Génial ! On se déplace, les enfants et moi, tout près du caillou afin de faire quelques photos souvenir. Coup de téléphone à toute l'équipe. C'est le 3° trésor découvert par le Cercle de Cronos.
En fait, on aurait pu repartir bredouille car Skippy avait effectivement remarqué ce caillou au pied d'un arbre, tout seul, sans autre caillou aux alentours. Elle a creusé dessous avec sa chaussure, mais est tombée sur des racines et n'a pas insisté en se disant que je pourrais revenir creuser avec la pelle.
Petite anecdote de désespoir: un cheval paissait à proximité, en contrebas. Elle lui a même demandé: "Dis-moi où il est, le trésor !" Puis, prise de remords et surtout intriguée par l'emplacement de cette pierre, seule dans la végétation alors que toutes celles que nous avions retournées étaient entourées de semblables, toutes proches des parois d'oursins, elle y est revenue et a creusé avec un peu plus d'acharnement, toujours avec la chaussure et à 2 ou 3 cm du 1° trou. Et l'étui noir de pellicule photo est apparu !!!
Celui-ci contenait ce message : "Site internet Pont du Gard secret - Bravo - http://rlwat.free.fr - rlwat@free.fr " et une petite grenouille verte en plastique qui joue de la guitare.

En fait, au niveau jeu de mots, nous n'étions pas sur la même longueur d'onde que l'auteur, car pour "moins récents" on avait "plus vieux", alors que les colonisateurs moins récents sont les grecs et que "moins récent" en grec se traduit par miocène. Or, l'arche naturelle du point A était dans cette strate de calcaire très rare dans la région, alors que c'est le calcaire urgonien qui est le plus répandu. (Faut dire aussi que Paco avait proposé dès le début la piste des colonisateurs grecs, mais on cherchait un pont construit par les grecs et cette piste n'avait rien donné. )
Le 2° jeu de mots était dans la phrase "Pas si loin ... ", qu'il fallait interpréter par "si près" et non "près", comme nous l'avions pensé. Or "si près" = CYPRES et le trésor était enterré sous une pierre au pied d'un cyprès.

Merci, M. Lombardi pour nous avoir bien baladés dans la garrigue gardoise. Un petit regret toutefois : cette chasse était encore trop "terrain" pour pouvoir attirer plus de chasseurs de trésor de la France entière. mais, il faut reconnaître qu'elle était bien construite, qu'elle nous a fait bien crapahuter "sous le soleil" et qu'on a bien mérité notre grenouille !!!
PS : On a gardé le caillou en-dessous duquel le trésor était enterré. Porte-bonheur, pourquoi pas ?
The End